Retour sur la réunion du CDEN

Hier soir à l’occasion de la réunion du CDEN (conseil départemental de l’Education nationale) l’ensemble des représentants (parents, enseignants, élus) s’est prononcé contre la répartition de l’enveloppe départementale proposée. En préambule les représentants des parents d’élèves du CDPE du Tarn ont lu une déclaration liminaire aux représentants, au DASEN et au Préfet du Tarn similaire à celle du comité régional de la FCPE lue lors du CAEN.

Les points à l’ordre du jour nous amènent à mettre l’accent sur des questions clés de cette année scolaire touchée par des réformes : le lycée et l’enseignement professionnel.

1. la réforme du lycée

L’ouverture par le Conseil Régional de deux nouveaux lycées sur l’Académie de Toulouse montre clairement que la dynamique est forte, les effectifs étant constants. Les enjeux se jouent actuellement sur un autre registre.

L’actualité cruciale pour les parents et les élèves demeure la réforme du lycée et du baccalauréat. Entre annonces, décrets, arrêtés et circulaires, dont certains complètent voire modifient les précédents et d’autres arrivent encore, il est toujours autant difficile pour les parents de s’y retrouver.

La FCPE n’a reçu aucune réponse satisfaisante à ses questions exprimées lors du CAEN du 29 novembre dernier pour comprendre l’application concrète de cette réforme : garantir à tous les élèves sur tout le territoire l’accès à tous les enseignements de spécialités et optionnels ? Garantir à tous les élèves la possibilité de construire ses choix d’enseignements en fonction de son projet ? Offrir dans le parcours des élèves un accompagnement nécessaire dans la construction de son volet orientation ?

De nombreuses réunions ont eu lieu dans tous les départements, elles montrent toutes l’incompréhension et l’anxiété des familles. C’est pourquoi la FCPE demande au Ministre de l’Éducation Nationale une pause dans la mise en œuvre de la réforme du lycée. Ce message doit être entendu car les parents d’élèves ne permettront pas qu’une génération de jeunes soit sacrifiée.

Le système des enseignements de spécialités (EDS) pointe la question de l’égalité entre les établissements. Tous, nous le savons, ne proposent pas l’intégralité des EDS, sans compter que pour l’heure, on sait qu’il y a une pénurie d’enseignants pour certaines matières. Les conventions entre établissements annoncées peinent à émerger pour des raisons pratiques. Face aux difficultés de mise en œuvre, certains établissements sont tentés de recréer, au travers de triplettes proposées aux lycéens, les filières actuelles. Une pause est donc la seule issue pour que tout soit vraiment en place et que le choix des élèves soit réel et non virtuel.

La FCPE appelait de ses vœux une réforme du lycée, qui visait à réduire les inégalités, à casser la logique des filières et à offrir aux élèves un lycée non cloisonné en voies hermétiques, offrant à chaque jeune les moyens de son orientation. On en est loin !

On n’en est d’autant plus loin au regard des DHG présentées dans les établissements, ces dernières reflétant une autre réalité, beaucoup plus implacable. Dans les conseils d’administration des établissements, nous représentants des parents d’élèves avons pu le constater, mettre en place un choix libre et ouvert des EDS nécessite des moyens. Malheureusement ces moyens ne sont pas vraiment à la hauteur des ambitions du fait de marges insuffisantes et des suppressions de postes. Les parents d’élèves ont donc voté massivement contre la DHG octroyée et du coup, sa répartition. De nombreuses motions ou déclarations ont été portées par les représentants de parents d’élèves dans les lycées pour en appeler à une pause, le temps d’une concertation, dans l’intérêt des jeunes.

Sans doute serons-nous « sauvés » par la circulaire du 6 mars définissant des procédures de traitement des demandes d’EDS sur la base des contraintes spécifiques propres à chaque établissement ? Non ! Puisque les élèves auront un choix contraint !

2. la réforme de l’enseignement professionnel

L’examen d’une candidature à un Campus des Métiers et d’une labellisation Lycée des Métiers nous permet d’ouvrir aussi le champ de la réforme de l’enseignement professionnel, réforme dont on parle peu alors que cette voie concerne 180 000 bacheliers chaque année soit 25% des jeunes ayant le Bac.

A la FCPE nous pensons effectivement qu’il est nécessaire d’engager la réforme de la voie professionnelle, mais en mettant autour de la table les enseignants, les entreprises, les lycéens, les parents d’élèves. Il faut proposer une image positive de l’enseignement professionnel, revoir les formations proposées pour mieux les adapter aux évolutions de notre société et permettre à chaque jeune de devenir citoyen, repenser les pratiques pédagogiques pour assurer une formation théorique ambitieuse, assurer le lien avec certaines formations professionnalisantes post bac, associer les entreprises dans la définition des compétences à maitriser.

Malheureusement nous ne pouvons que constater qu’au travers de la réduction des enseignements généraux, accentuant la déconsidération profonde de l’Éducation nationale vis à vis de la filière professionnelle, encore trop souvent perçue comme une orientation sanction, on crée des espaces accueillant une catégorie d’élèves à enseignement minimum.

Au-delà de sa mise en œuvre, l’esprit même de la réforme nous interroge fortement. Quelle égalité territoriale dans la mise en œuvre des familles de métiers sachant que l’ensemble des spécialités d’une même famille n’est pas proposé dans l’établissement ou dans un établissement proche ? S’il est judicieux de réfléchir à l’avenir de filières qui ne permettent pas l’insertion ou la poursuite d’études, leur fermeture pure et simple n’est pas une réponse suffisante. Quelles autres propositions seront faites aux jeunes ? La carte des formations permet-elle de garantir aux élèves la possibilité d’un véritable choix dans un périmètre géographique raisonnable et dans un établissement public ?

Mais au-delà de ces points et pour finir, nous ne pouvons pas passer sous silence le manque d’ambition et la logique purement comptable qui prévaut dans l’attribution des moyens en termes de dotation horaire des établissements.  Ainsi, les consignes de remplissage des divisions (jusqu’à 36 en lycée !) sont un non-sens voire une ineptie pour tous ceux qui souhaitent la réussite de nos jeunes.

Enfin, que dire des directives qui d’un côté prônent la valorisation de l’offre de formation tout en précisant que c’est l’établissement qui décide in fine des choix. On voit bien que la dotation attribuée l’oblige les établissements à éliminer et réduire ainsi considérablement l’offre !

Nous demandons avec force le retour d’une politique éducative ambitieuse, aussi bien en terme qualitatif que quantitatif, que tous, parents, enseignants, élus locaux pourront faire vivre dans la concertation et la confiance pour la plus grande réussite de nos enfants.

Merci de votre écoute